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Ce que vous ne saviez pas sur le vélo

Saviez-vous que c'est la mobylette qui a causé un désamour pour la bicyclette chez les Français ?

flickr crédit jacme31 zoom

A part, bien sûr, votre collègue un peu bizarre qui roule 10 km matin et soir pour venir au bureau, qu’il pleuve ou qu’il vente, vous connaissez peu de gens pour qui il s’agit d’un mode de transport quotidien. Pourtant, on parle bien souvent d’un “retour au vélo”, d’un "boom inéluctable" du vélo. Alors, demain, tous en deux-roues? On vous a concocté un petit vrai-faux.

En France, nous sommes des gros flemmards

VRAI ET FAUX

"Dans les années 1930-1950, le vélo était massivement utilisé en France, surtout dans les milieux populaires, car il revenait moins cher que les transports publics. Chaque famille en comptait au moins un”, explique Frédéric Héran, auteur du Retour de la bicyclette, Éd. La Découverte. L’économiste raconte même que "les ouvriers, les employés se rendent en masse au travail à bicyclette. Des embouteillages de cyclistes se forment aux heures d’entrée et de sortie des usines et des bureaux".

Bon, tout cela a désormais bien changé, et les pays nordiques nous ont complétement ridiculisés. Exemple : en 2010, pas moins de 31% des déplacements quotidiens étaient effectués sur une selle en Hollande (55% dans le centre-ville) Contre… 3% en France.

Le vélo a pâti du succès de l’automobile

FAUX

Disons qu’en fait, c’est le cyclomoteur qui a anéanti la pratique du vélo, plutôt que l’automobile. En effet : “La France est dans les années 70 le seul pays à avoir plus de deux-roues motorisés que de vélos. Mobylettes, Solex, la France est le premier constructeur mondial de deux-roues motorisés dès 1954 et demeure au premier rang mondial jusque dans les années 60 où elle est dépassée par le Japon”, explique Frédéric Héran, dans une interview. Les afficionados des Italiens et Italiennes sur une Vespa, la peau halée, en prennent pour leur grade. Les as du Solex, c’est nous.

Le vélo est une histoire de famille

VRAI

Dans La Croix, le chercheur explique que “la pratique du vélo à l’âge adulte dépend beaucoup de la pratique pendant l’enfance. Les chercheurs appellent cette prédisposition la «socialisation vélocipédique» : le fait de voir ses proches, famille ou voisin, utiliser ce moyen de transport et en faire soi-même l’expérience encourage un usage futur. C’est d’ailleurs le cas d’autres activités physiques.” Précision : les familles qui prônent le vélo ne le font pas par écologie, mais plutôt par souci de santé.

Le vélo est un outil de l’émancipation des femmes

VRAI et FAUX

Le tournant n’a pas été facile, mais les femmes ont fini par conquérir le vélo. De sorte qu’en 1896, l’avocate des droits des femmes Susan B. Antony affirme : "Le vélo a fait plus pour l’émancipation des femmes que toute autre chose dans le monde. Je me réjouis chaque fois que je vois une femme à vélo. Cela lui donne un sentiment de liberté et d’autonomie". Soit. Mais aujourd’hui, en 2016, on se rend compte que “ville durable” et féminisme ne font parfois pas bon ménage. “Les femmes, de tous âges, seraient défavorisées par les "bonnes pratiques" de mobilité dans la ville durable, et notamment l’abandon de la voiture”, souligne Yves Raibaud, géographe. “Les études Adess/CNRS réalisées entre 2010 et 2014 sur la métropole bordelaise montrent que les femmes sont toujours moins nombreuses à vélo (en particulier la nuit ou lorsqu’il pleut) et qu’elles l’abandonnent à la naissance d’un deuxième enfant". En cause: les tâches qui leur sont encore dévolues (accompagnement des enfants, des seniors, courses…) ainsi que le sentiment d’insécurité dans la ville.

Les vélos en libre-service sont une révolution

FAUX

Déjà, leur coût rend morose : 4000 euros par vélo et par an selon Frédéric Héran. Ensuite, “les usagers des VLS sont majoritairement des gens qui se déplaçaient à pied, à vélo ou en transports en commun et très peu d’anciens automobilistes (environ 10%)”, explique-t-il. En revanche, il cite des initiatives bien plus efficaces, comme favoriser l’installation de parkings à vélos dans les gares ou la réduction de la vitesse à 30 km/h dans l’ensemble d’une ville.

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